Video Nasties


"Vidéo nasty" est un terme familier inventé au Royaume-Uni, en 1982, qui s'appliquait à l'origine pour un certain nombre de films distribués sur cassette vidéo qui ont été critiquées pour leur contenu violent par la presse et diverses organisations religieuses .
Alors que la violence dans les films sortis dans les cinémas était régie par un organisme officiel, le Conseil de censure cinématographique britannique, depuis de nombreuses années, l'absence d'un système de réglementation pour les ventes ou locations de ces vidéos, sous prétexte que n'importe quel film pourrait tomber dans les mains d'un enfant à créé un débat publique particulièrement virulent.
La plupart de ces vidéos étaient des films d'horreur à petit budget produits en Italie et aux États-Unis.
Ce débat a aboutit sur la mise en place du "Video Recordings Act 1984" qui a imposé un code strict de la censure sur les vidéos que ce qui était nécessaire pour la sortie en salle.
Plusieurs productions après un passage sur grand écran ont fini par être interdites en vidéo, relevant du champ d'application de la législation visant à contrôler la distribution de ces films jugés violents
En raison d'une erreur législative découvert en Août 2009 la loi "Video Recordings Act 1984" a été abrogée et remplacée par la loi Video Recordings Act 2010.



La première liste des «vidéos nasties» a été rendu publique en Juin 1983 et comportait 72 titres.
39 titres sont restés interdits durant plusieurs années en Angleterre, et 33 autres ont finalement été autorisés à la vente ou la location après qu’une étude en commission en ait levé l’interdiction, considérant finalement qu‘ils ne représentaient plus de danger de «corruption et de dépravation» pour le spectateur (mais en censurant certains passages malgré tout).


Si en France la censure régna durant les années 70 (principalement pour contrer la déferlante des films pornographiques dans les salles), au début des années 80, l'explosion de la location de VHS et la prolifération des vidéoclub redonna un nouvel essor à de nombreux films peu connus du grand public mais apporta également une nouvelle manne financière aux films exploités en salle.
La fin de la période dite "de censure" levée par le ministre de la culture Jack Lang en 1982 permis à de nombreux films de retrouver leur intégralité et même de ressortir dans les salles (Zombie, Massacre à la Tronçonneuse, Mad Max, etc...).
De nombreux films ayant subis la censure lors de leurs sorties sur grand écrans voir de leur interdiction totale connurent un grand succès, principalement grace à René Château et sa collection en VHS de films "Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision" (que Canal+ pourtant diffusa quand elle commença à émettre dès 1984).

A la même période en Angleterre, la situation était nettement plus sérieuse.

De 1979 à 1984, le marché vidéo était dominé par des éditeurs indépendants sortant tout et n’importe quoi dans le domaine de l’horreur, avec des jaquettes provocantes, avec parfois des films interdits aux mineurs ou censurés au cinéma par le BBFC, sortant sans aucune interdiction sur le marché de la vidéo.
Ce dernier organisme ne s’occupant que de cinéma, le marché vidéo n’était donc pas contrôlé.
Des ligues de vertus se sont alors faites entendre et de nombreux films ont été bannis et ont intégré une liste baptisée Video Nasties.


Le début de cette "affaire" date de 1982, lorsque Vipco (Instant Video Picture Company), distributeurs britanniques de The Driller Killer, un film de1979 d'Abel Ferrara, fait paraître des annonces publicitaires pleines pages dans un certain nombre de magazines spécialisés, représentant la couverture explicite de la vidéo (le coup de perceuse en plein front dune victime), une action qui donnera lieu à un grand nombre de plaintes à l'Agence des normes de la publicité britannique.
Quelques mois plus tard, les distributeurs du déjà très controversé film italien Cannibal Holocaust, procèdent de la même façon et aurait même écrit une lettre de plainte bidon à Mary Whitehouse dans l'espoir de générer de la publicité gratuite.
Pour Mary Whitehouse (qui milita pour les valeurs morales et la promotion de la décence religieuse, particulièrement active au niveau des médias audiovisuels qui fonda en 1965 la "National Viewers' and Listeners' Association", dont elle est la première présidente.) c'en est trop et déclenche une campagne publique. C'est elle qui aurait inventé le terme de «video nasty» (méchante vidéo).


Dans le The Sunday Times en mai 1982 un article intitulé " "How high street horror is invading the home" pose la question à un public plus large en laissant une bonne place aux avis des divers mouvements religieux scandalisés par ces films.
Puis le Daily Mail commence à son tour sa propre campagne contre la distribution de ces films jugés à «tendance à corrompre et dépraver".
L'exposition des publicités de ces «vidéos nasty» aux enfants commence à enflammer l'opinion publique, allant même à les rendre responsable de l'augmentation des crimes violents chez les jeunes.
Pourtant comme souvent c'est l'effet inverse qui arrive : cette frénésie croissante des médias ne fait qu'augmenter la curiosité pour ces films chez les adolescents.
Suivant les suggestions de "l'Association des téléspectateurs nationale et des auditeurs» de Mary Whitehouse, le député conservateur Graham Bright présente un projet de loi à la Chambre des communes en 1983. Elle est adoptée sous le nom "Video Recordings Act 1984" et entre en vigueur le 1er Septembre 1985.


En vertu de la loi de 1984, le Collège des censeurs du cinéma britannique a été rebaptisé Conseil de classification des films britannique et devint responsable de la certification à la fois de cinéma et des vidéo. Toutes les vidéos après le 1er Septembre 1985 doivent se conformer à la loi et être soumis à la classification de la BBFC.
Les films sortis en vidéo avant cette date devait être à nouveau soumis à la classification dans les trois années suivantes.
Avec l'idée que ces vidéos pouvaient tomber entre les mains des enfants exige que la classification des films pour la vidéo comme un processus distinct de classification cinéma.
Ainsi les films qui étaient sorties en version intégrale ou très peu censurés pour le cinéma étaient souvent coupées drastiquement voir interdits pour leur sortie en vidéo.
Les vidéos non classifiées tombent sous le coup de la loi et étaient reconnues comme une infraction criminelle (surtout si ces versions "libres" tombaient entre les mains d'un mineur)
Le but principal de cette loi visait à freiner la distribution des films d'horreur à petit budget.
La dureté de cette loi eu des effets inattendus : un certain nombre de métrages issues de prestigieuses major malgré leur classification cinéma, tombaient sous le coup du"Video Recordings Act 1984" .
Parmi les plus "célèbres" cas, L'Exorciste, qui avait été édité en vidéo par par Warner Home Video en Décembre 1981 sans être soumis à la certification de la vidéo alors inexistante, a été retiré des rayons en 1986 ou encore les Chiens de paille a qui on a refusé la certification vidéo et du être retiré des vidéoclubs.




Avec l'adoption de cette fameuse Loi sur les enregistrements vidéo, les films sur la liste pouvaient être poursuivis en justice pour "obscénité" et ne ne recevaient pas de classement de la part du comité de censure britannique, les rendant du coup "hors la loi" et tout simplement interdits sur le marché d'outre-manche.
Grace à cette fameuse loi, la BBFC devenait toute puissante, imposant des interdictions et des coupes sur de nombreux films (tels que Massacre à la Tronçonneuse pourtant sorti sur grand écran dans sa version intégrale). Une pratique qui deviendra habituelle, relevant du chantage tant la pression était forte pour les producteurs et distributeurs voulant exploiter leurs métrages sur le marché vidéo britannique qui dura jusqu'en en Août 2009.
 

Article extrait du forum L'Aldila


Année Titre Disponibilité FR
1963 Blood Feast (Herschell Gordon Lewis)
1968 Blood Rites (Andy Milligan)
Néant
1969 Love Camp 7 (Lee Frost)
1971 La Baie Sanglante (Mario Bava)
1971 Night of the Bloody Apes (Rene Cardona) Néant
1972 La dernière maison sur la gauche (Wes Craven)
1973 Don't Look in the Basement (S.F. Brownrigg) Néant
1973 Chair pour Frankenstein (Paul Morrissey)
1974 Cannibal Man la semaine d'un assassin (Eloy de la Iglesia)
1974 Cannibalis : au pays se l'exorcisme (Umberto Lenzi)
1974 Le massacre des morts-vivants (Jorge Grau)
1975 Dans les griffes du loup-garou (Miguel Iglesias Bonns)
1975 Frozen Scream (Frank Roach) Néant
1975 Le dernier train de la nuit (Aldo Lado)
1976 The Witch who came from the sea (Matt Cimber) Néant
1976 Expose (James Kenelm Clarke)
1976 Le Camp des filles perdues (Sergio Garrone)
1976 Snuff (Michael Findlay et Roberta Findlay)
1977 Fight for your Life (Robert A. Endelson)
1977 L'île des morts (Nico Mastorakis) Néant
1977 Holocauste nazi (Luigi Batzella)
1977 Le crocodile de la mort (Tobe Hooper)
1977 Axe (Frederick R. Friedel) Néant
1977 Des filles pour le bourreau (Cesare Canevari)
1978 La foreuse sanglante (Dennis Donnelly)
1978 I miss you, hugs and kisses (Murray Markowitz)
1978 Mardi gras Massacre (Jack Weis)
1978 Face à la mort (John Alan Schwartz)
1978 La montagne du dieu cannibale (Sergio Martino)
1978 I spit on your grave (Meir Zarchi)
1979 Driller Killer (Abel Ferrara)
1987 Sentences de mort aka Delirium (Peter Maris)
1979 La petite soeur du diable (Giulio Berruti)
1979 L'enfer des zombies (Lucio Fulci)
1980 Pyromaniac (Joseph Ellison)
1980 Night of the Demon (James C. Wasson)
1980 La maison au fond du parc (Ruggero Deodato)
1980 Demain l'apocalypse (Antonio Margheriti)
1980 Inferno (Dario Argento)
1980 Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato)
1980 Contamination (Luigi Cozzi)
1980 Anthropophagous (Joe D'Amato)
1980 Humen Experiments (Gregory Goodell) Néant
1980 Toxic Zombies (Charles McCrann) Néant
1980 The Boogeyman (Ulli Lommel)
1980 Shogun Assassin (Robert Houston et Kenji Misumi)
1980 Virus Cannibale (Bruno Mattei)
1980 Devil Hunter (Jess Franco) Néant
1981 Carnage (Tony Maylam)
1981 Madhouse (Ovidio G. Assonitis)
1981 Terreur Cannibale (Alain Deruelle)
1981 Les yeux de la terreur (Ken Hughes)
1981 Don't go in the Woods (James Bryan)
1981 La lune de sang (Jess Franco)
1981 La malédiction du fond des temps (Lawrence D. Foldes)
1981 Cannibal Ferox (Umberto Lenzi)
1981 Massacres dans le train fantôme (Tobe Hooper)
1981 L'Au-delà (Lucio Fulci)
1981 Possession (Andrzej Zulawski)
1981 Réincarnations (Gary Sherman)
1981 La maison près du cimetière (Lucio Fulci)
1981 Messe Noire (Eric Wetson)
1981 Horrible (Joe D'Amato)
1981 Cauchemars à Daytona Beach (Romano Scavolini)
1982 Unhinged (Don Gronquist)
1982 The Slayer (J.S. Cardone) Néant
1982 House of Blood (Jeffrey Obrow et John Carpenter)
1982 Terreur à l'hôpital central (Jean-Claude Lord)
1982 Ténèbres (Dario Argento)
1983 A la limite du cauchemar (William Asher)
1983 Evil Dead (Sam Raimi)
1983 Boogeyman 2 (Bruce Pearn) Néant

+ commentaires + 4 commentaires

12 juillet 2016 à 10:59

Pour tout savoir sur les Video Nasties, plongez-vous dans le 16ème numéro de Darkness Fanzine disponible à diverses adresses en suivant ce lien : http://darkness-fanzine.over-blog.com/2016/07/l-ecran-fantastique-et-mad-movies-chroniquent-le-dernier-darkness-sur-les-video-nasties.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=movies-tv-videos

12 juillet 2016 à 22:32

Night of the bloody apes est sorti en VHS, je l'ai !

Anonyme
22 décembre 2016 à 13:24

delirium dans la liste des videos nasties c'est pas le lamberto bava,c'est delirium(psycho pupetts 79').

18 février 2017 à 07:32

merci bonmai c'est modifié :)

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